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Histoire de la Corse


« Le passé, c’est un flambeau que l’on transmet… »,

F. Sarraveli-Retali

L’histoire de la Corse a été marquée par de grandes invasions, d’incessantes conquêtes et une dualité provoquée par sa géographie : résistance à l’intérieur (dû essentiellement à l’agro pastoralisme) et développement économique en bord de mer grâce à des cités essentiellement fondées par les Génois. Dominée tour à tour par les Étrusques, les Romains, les Sarrasins, les Pisans, les Génois et enfin les Français, la Corse possède une histoire particulièrement tourmentée, à l’égal de la plupart des autres îles méditerranéennes. La lutte incessante contre ses conquérants, parfois sollicités et parfois imposés, a façonné l’âme de son peuple. Ce que nous vous proposons ici est un petit voyage dans le temps pour mieux comprendre les méandres de son histoire…

La préhistoire et la période gréco-romaine

Grâce à la « Dame de Bonifacio », le squelette de notre plus ancien ancêtre connu, nous savons que l’île est habitée par les hommes depuis 9 000 ans. 5 000 ans plus tard apparaissent les communautés agricoles ainsi que les premiers mégalithiques.

Dolmen CorsicaOn en trouve d’ailleurs encore aujourd’hui beaucoup, notamment dans la région du Sartenais (alignements de Palaghju et Stantari) et du Valinco (site de Filitosa). Ce n’est que 6 500 ans plus tard qu’apparaissent les objets en bronze et l’architecture de protection – I Castelli – notamment à Cucuruzzu dans l’Alta Rocca. L’époque gréco-romaine sera quant à elle marquée par deux dates essentielles : 564 et 250 avant Jésus-Christ.

En 564 av. J-C. des Grecs atteignent l’embouchure du Tavignanu et fondent non loin de là, la cité d’Alalia qui deviendra Aléria. Ils exploiteront essentiellement des oliviers et la vigne dont les produits seront transportés dans des amphores (on en trouve encore d’ailleurs aujourd’hui quelques-unes lors de plongées exploratrices). 250 av. J-C. : les Romains détruisent Alalia et conquièrent la Corse. Ils entament une guerre sans merci contre les autochtones qui durera un siècle. Les Romains et leurs descendants resteront en Corse près de 700 ans imprégnant d’une manière indélébile la culture corse notamment à travers la culture et la langue.

La Christianisation de l’île

En 455, Vandales et Ostrogoths envahissent la Corse. Les Vandales détruisent Aléria et Mariana puis se rendent maîtres de l’île. Ils occuperont les régions côtières jusqu’au VI° siècle où ils seront chassés par Justinien 1er. Commence alors l’occupation byzantine et la christianisation de l’île. En 774, par donation de Charlemagne, empereur de la chrétienté occidentale, la Corse devient propriété de l’état pontifical. La Corse subit un raid des Maures tous les ans de 806 à 813. Ils ne seront vraiment chassés de Corse, que vers 1016 par les Pisans et les Génois.


Les Pisans : 1077-1284

En 1077, le Pape Grégoire VII ordonne à l’évêque de Pise de gouverner la Corse. L’architecture et l’art pisan s’expriment à travers la construction de nombreux couvents ou églises (San Michele di Muratu, San Ghjuvanni di Carbini, San Michele di Siscu, Santa Maria di u Nebbiu…). Tour génoise

La réorganisation de l’île par l’église divise la Corse en 90 pieve (paroisses) avec un prêtre à la tête de chacune d’entre elles. En 1284, les Pisans sont battus par les Génois lors de la bataille navale de la Meloria. C’est en 1296 que le Pape Boniface VIII fait appel au roi d’Aragon pour disputer la possession de la Corse aux Génois. Il échoue devant Bonifacio.

Les Génois : 1284-1768

Carte de la CorseC’est dans un contexte de troubles et d’anarchie que les Génois prennent pied en Corse, appelés par des notables insulaires du nord de l’île. Ces derniers se sont soulevés sous la bannière de Sambucuccio d’Alando pour tenter demettre fin au désordre provoqué par la faiblesse pisane. Les Génois fondent Calvi en 1268, Bastia en 1383, Saint-Florent en 1440, Ajaccio en 1492 et Porto Vecchio en 1539. En 1405, Vincentellu d’Istria, allié au roi d’Aragon, a tenté de reprendre la Corse aux Génois. Il est nommé vice-roi de Corse en 1420 et s’installe à Biguglia qui devient capitale de la Corse.

Une grande partie des corses le rejoignent à l’exception de Bonifacio qui reste fidèle à la République de Gênes. En 1433, Vincentellu augmente fortement les impôts, provoquant une révolte populaire. Il doit s’enfuir en Sicile où il est fait prisonnier et décapité.

Au sortir du Moyen âge, la Corse n’a pas réellement connu de féodalité. Elle est restée prisonnière du clientélisme romain qui donnera naissance aux futurs clans. Les pièves du sud de l’île sont dirigées par les « caporali », petits seigneurs de guerre, incapables de s’entendre tandis que le Nord entame une révolution sous la férule de la République génoise qui tente d’instaurer en Corse une paix favorable à la mise en valeur de la Corse. Un siècle et demi plus tard, les troubles n’ont pas cessé. Un habitant de Bastelica, ancien mercenaire à la solde des Medicis.

de Florence, devenu colonel de l’armée du roi de France, Sampieru Corsu, parvient à envahir la Corse avec l’aide pécuniaire du roi de France Henri II. Il s’empare de Bastia, de Corté, d’Ajaccio et de Calvi. La Corse sera finalement rendue aux Génois par la France à l’issue du traité de Cateau- Cambrésis en 1559. Mais Sampieru décide de continuer la lutte avec ses troupes, il défait les Génois à Vescovato, Porto-Vecchio en 1564 et devient maître de l’intérieur de l’île. Mais, en 1567, il est tué dans une embuscade tendue par la famille de sa jeune épouse qu’il a étranglée (Vannina), et dont le drame inspirera la célèbre pièce de William Shakespeare : Othello. De 1569 à 1729, les Génois gouvernent la Corse sans véritable opposition.


La guerre de «trente ans» : 1729-1769

Cette guerre, véritable révolution corse, contraint une Gênes, déclinante, à faire successivement appel aux Autrichiens puis aux Français. Diverses insurrections secouent la Corse. De ces violents événements naîtra, avec pour chef Jean-Pierre Gaffori, un sentiment national qui aboutira à quinze ans d’indépendance sous le préside du général Pascal Paoli. 1735 : la Corse est proclamée indépendante de la puissance génoise lors d’une Consulta (assemblée) réunie à Corte. 1751 : Jean-Pierre Gaffori est élu chef de la Nation mais est assassiné en 1753. 1755 : Pascal Paoli est élu chef de la Nation corse le 14 juillet lors de la Consulta di San’Antone di a Casabianca. L’indépendance est proclamée en novembre de cette même année.

Napoleon statue Ajaccio

Paoli, homme de progrès, tente d’adapter les idéaux des Lumières aux réalités de cette Corse du XVIIIe siècle. L’audience de la Corse et de son chef trouve ainsi des relais dans les oeuvres de Jean-Jacques Rousseau et de James Boswell (An Account of Corsica). Pascal Paoli dote la Corse d’une capitale – Corte – et d’une université, il met en place les structures d’un état dans lequel la « nation corse » est souveraine. 1768 : par le traité de Versailles, la République de Gênes cède la Corse à la France avec la garantie d’un droit de retour dès que la dette due au roi Louis XV sera remboursée. Minées par les divisions des corses et confrontées à un rapport de force inégal, les troupes de P. Paoli sont battues à Ponte Novo le 8mai 1769. La Corse devient alors possession du royaume de France.

L’intégration à la France :1789

Pascal Paoli

Le 15 août 1769 : naît à Ajaccio Napoléon Bonaparte qui devient empereur des Français en 1804. Il ne s’occupe guère de son île natale sinon pour la soumettre à la loi militaire. le 30 novembre 1789 : un Décret proclame la Corse « partie intégrante de l’Empire français » afin d’empêcher le droit de retour réclamé par Gênes. Ce décret a été instamment demandé par Pascal Paoli alors exilé à Londres, à l’assemblée constituante car il craint que Gênes ne demande le retour de la Corse dans son giron. Le 14 juillet 1790, Pascal Paoli revient en Corse, salué par tous ceux qui ont gardé le souvenir de la république de 1755. Pascal Paoli déclaré ennemi de la nation par l’assemblée française, doit à nouveau s’exiler vers l’Angleterre. Il quitte alors la Corse pour toujours et laisse la place à un éphémère royaume anglo-corse qui ne subsistera qu’une année. En 1796, le général Napoléon Bonaparte, reprend possession de la Corse au nom de la République française. L’île semble retrouver la voie du progrès et d’une certaine modernité sous Napoléon III. Ce n’est pourtant qu’une apparence car l’île a bel et bien manqué la révolution industrielle.

Crédits photo : Bruno Delacotte

Les tumultes du XXe siècle et l’apparition des mouvements autonomistes

Les gouvernements de la IIIe République délaissent la Corse : l’embryon d’industrie régresse, l’agriculture stagne et la vie économique se dégrade. Faute de débouchés locaux, les Corses s’expatrient vers le continent où ils entrent dans l’administration mais aussi vers les Amériques ou encore les colonies africaines et asiatiques. La guerre de 1914-1918 : la Grande guerre provoque la mort de 12 000 jeunes insulaires.

La grippe espagnole de 1919 vient alourdir l’hécatombe et décime les plus faibles. Une fois encore, la fleur de la jeunesse s’embarque pour le continent, où l’administration, a ouvert des centaines de milliers de postes pour combler les vides occasionnés par la guerre. 1920 : en marge de la contestation sociale et politique, des mouvements autonomistes voient le jour et notamment le « Partitu Corsu d’Azzione », qui deviendra en 1927 « pièves » avec pour emblème A muvra (le mouflon). Il réclame l’autonomie pour l’île sous la protection de la France mais sombrera relativement tôt dans une dérive fasciste qui l’amènera dans les années trente à soutenir la politique mussolinienne qui revendique la Corse comme terre italienne. La guerre de 1939-1945 : la Corse occupée par 80 000 Italiens dès le mois de novembre 1942 est le premier département français à s’être libéré le 9 octobre 1943. 12 000 corses armés participent aux combats pour la libération de l’île. Les martyrs de cette Résistance sont Godefroy Fred Scamaroni qui se suicide en mars 1943 pour ne pas parler sous la torture que lui infligent les fascistes italiens dans la prison d’Ajaccio et Jean Nicoli, exécuté par les Chemises noires en août 1943.

Le réveil de la Corse après-guerre

- 1959 : reprise des revendications régionales, les actions de protestations se multiplient contre l’abandon de la Corse. Une nouvelle revendication régionaliste se précise et donne naissance au « Front Régionaliste Corse » qui, après scission verra la création de « l’Action Régionaliste Corse » (A.R.C.). 1960 : un projet de création de centre d’expériences atomiques près de Calvi est prévu. La mobilisation fait échouer le projet. 1962 : la population se mobilise contre la suppression du chemin de fer de la Corse. Les premiers attentats sont commis contre la ligne d’électrification « carbo-sarde ». La fin de la guerre d’Algérie est signifiée par la signature des accords d’Évian et provoque l’arrivée dans l’île de nombreux rapatriés. 1973 : formation du mouvement clandestin du « Front Patriotique Corse de Libération » (F.P.C.L.) qui commet les premiers attentats à la bombe, et de « Ghjustizia Paolina ». 1974 : la protestation s’amplifie contre des déversements au large du Cap Corse de « boues rouges » qui sont les déchets de mercure de l’usine chimique de la Montedison (Italie). L’un de ces navires poubelles est plastiqué par le FPCL.

La révolte de 1975

À la fin des années cinquante, la SOMIVAC (société d’économie pour la mise en valeur de la Corse) rachète quelque 3 000 hectares situés sur la côte orientale entre le Fiumorbu et la Casinca afin d’en confier la culture à de jeunes agriculteurs corses.

Pour ce faire, ils devaient bénéficier de prêts à des taux préférentiels. Mais l’histoire devait en décider autrement. Car l’arrivée des rapatriés provoque un retournement des décisions gouvernementales qui attribuent ces prêts aux Pieds Noirs. Naquit alors un ressentiment chez les jeunes agriculteurs insulaires auxquels ces prêts avaient toujours été refusés. Ils acceptent ainsi difficilement que, par ailleurs, le travail des rapatriés soit montré en modèle pour mieux stigmatiser « la paresse » insulaire. Les deux organisations clandestines reprennent alors les plasticages. S’ensuit le scandale de la chaptalisation vinicole (procédé consistant à ajouter du sucre dans le moût pour doubler la production en vin et ainsi accroître les bénéfices) et des malversations bancaires qui vont faire « exploser la marmite ». Les autonomistes dénoncent ces pratiques avec en tête les frères Simeoni, fondateurs de l’A.R.C. (Action Régionaliste Corse qui devient Azzione per a rinascita di a Corsica). Le 21 août 1975, des militants de l’A.R.C. occupent la cave de l’un de ces viticulteurs présumés escrocs, provoquant l’assaut des gendarmes et la mort de deux d’entre eux. Une semaine plus tard, un CRS est tué à Bastia au cours d’émeutes provoquées par la dissolution en Conseil des Ministres de l’ARC. L’emprisonnement du docteur Simeoni et de nombreux occupants de la cave provoquera une vague de solidarité sans précédent. Dès lors, les jeunes agriculteurs corses vont occuper de nombreuses terres tandis qu’en mai 1976, les autonomistes les plus radicaux créent l’organisation clandestine : u « Fronte di Liberazione Naziunale di a Corsica » (FLNC). Trente ans plus tard, le problème corse n’a toujours pas trouvé de solutions. Les élus traditionnels et la classe politique continentale font endosser aux nationalistes.

Cette permanence de la violence. Ces derniers rétorquant que c’est le sousdéveloppement de la Corse qui permet à la violence de perdurer. Pourtant force est de constater que les différents gouvernements qu’ils soient de droite ou de gauche n’ont eu de cesse de mettre fin au malaise corse en cherchant des solutions institutionnelles : Mai 1976 : alors qu’est créé le Front de Libération Nationale de la Corse, le Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, reconnaît « l’âme corse ». Fin 1976 : l’île, qui est une région depuis 1975, est divisée en deux départements : Haute-Corse et Corse-du-sud. Mai 1981 : élection de François Mitterrand à la tête de la République française. Mise en place du statut particulier voulu par le ministre de l’intérieur Gaston Defferre, également chargé de la décentralisation. 8 août 1982 : Première Assemblée de Corse, élue au suffrage universel. La liste « Unione di u Populu Corsu » d’Edmond Simeoni obtient 11 % des voix et 7 élus. Cette Assemblée sera dissoute en juin 1984 pour dysfonctionnement. 1984-1996 : cinq nouvelles élections de l’Assemblée de Corse. L’idée nationaliste fait son chemin en culminant en 1992 avec 25 % des suffrages exprimés dispersés sur deux listes qui préfigurent la division sanglante du mouvement nationaliste initial. En 1993, la guerre éclate entre les deux FLNC, le Canal historique et le Canal habituel. Elle fera 14 morts et signifiera le déclin de ce mouvement. Le 6 février 1998, le préfet de la Corse, Claude Erignac, est abattu à Ajaccio. un mouvement clandestin jusqu’alors inconnu revendique l’assassinat. L’île manifeste de manière imposante contre la violence. Mai 1999 : suite à un incendie criminel commis par les gendarmes contre un restaurant de Cala d’Orzu (la fameuse paillote « chez Francis »), le préfet de Région, Bernard Bonnet, est mis en examen et écroué. 1999-2000 : le gouvernement de Lionel Jospin s’engage dans un processus de discussion avec les seuls élus corses, processus qui prendra le nomde « processus Matignon » : rencontres dites de « Matignon », initiées par le gouvernement. Janvier 2002 : la CTC (Collectivité Territoriale de Corse) voit ses compétences considérablement accrues grâce à la loi de décentralisation, conséquence d’un transfert de l’État. Elle a notamment la possibilité de proposer au Parlement des expérimentations législatives. Juillet 2003 : le gouvernement Raffarin a décidé de proposer à la Corse la suppression des Conseils généraux au profit d’une Collectivité Territoriale unique. Le résultat du vote est négatif. L’électorat corse s’est prononcé pour ne pas modifier le système en place. Cela met fin à toute évolution institutionnelle. Avril 2004 : les élections territoriales donnent une courte tête d’avance à la gauche désunie. Les nationalistes jouent la carte de la droite et favorisent l’élection de Camille de Rocca-Serra (UMP) à la présidence de l’assemblée ; Ange Santini (UMP) est élu à la tête de l’exécutif.